03 août 2026 Tarik Hamiche 15 min de lecture

Droits voisins ADAMI et SPEDIDAM : l'argent d'artiste-interprète que tu oublies (et comment le récupérer)

Droits voisins ADAMI et SPEDIDAM : l'argent d'artiste-interprète que tu oublies (et comment le récupérer)

Je vais te parler de ce qui est probablement l’argent le plus souvent oublié de toute la carrière d’un musicien. Pas parce qu’il est difficile à obtenir, mais parce que la plupart des artistes ne savent même pas qu’il existe.

Ce sont les droits voisins d’artiste-interprète. Chaque fois que tu joues, chantes ou interprètes sur un enregistrement qui est ensuite publié, diffusé à la radio, à la télé, dans un lieu public ou streamé, tu génères des droits. Des droits qui t’appartiennent, au titre de ta prestation, indépendamment de ton cachet. En France, ils sont collectés par deux organismes : l’ADAMI et la SPEDIDAM.

Et pourtant, sur le terrain, la confusion numéro un que je croise, ce n’est même pas de savoir lequel choisir : c’est que la plupart des musiciens ignorent purement et simplement que ces droits existent. Ils ne les réclament donc jamais. Résultat : des milliers d’euros qui dorment, ou qui finissent redistribués à d’autres.

Je suis Tarik Hamiche, producteur et éditeur depuis vingt ans, fondateur de Muzisecur. J’ai justement fait une vidéo qui explique très concrètement la rémunération équitable et la copie privée, les deux flux qui alimentent ces droits. Regarde-la, puis on rentre dans le détail de comment récupérer ton argent.

En un coup d’œil

QuestionRéponse courte
C’est quoi ?Tes droits d’artiste-interprète, sur chaque enregistrement diffusé.
Qui collecte ?L’ADAMI et la SPEDIDAM.
Lequel choisir ?Les deux. Ce n’est pas gros contre petit.
Combien ?De quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.
International ?Un mandat à confier à un seul des deux (je recommande l’ADAMI).
Jamais déclaré ?Réclamable, mais prescription de 5 ans.
Impact sur l’ARE ?Aucun : cumulable, non déclaré à l’actualisation.

Les droits voisins : c’est quoi et pourquoi tu passes à côté

Distinguons d’abord deux choses qu’on confond tout le temps. Les droits d’auteur rémunèrent celui qui a écrit et composé l’œuvre (l’auteur, le compositeur), et ils sont gérés par la SACEM. Les droits voisins, eux, rémunèrent ceux qui interprètent l’œuvre : l’artiste principal, les musiciens, les choristes. Deux natures de droits, deux circuits.

Tu peux très bien toucher des droits voisins sans avoir écrit une seule note de la chanson. Le simple fait d’avoir joué la basse, posé une voix, tenu la batterie sur un enregistrement publié suffit à t’ouvrir des droits. C’est ta prestation d’interprète qui est récompensée.

Pourquoi tant de musiciens passent à côté ? Parce que personne ne le leur dit. On leur parle de cachets, parfois de SACEM s’ils composent, mais quasiment jamais de leurs droits d’interprète. Or c’est souvent là que se cache une part énorme de revenus non réclamés, exactement comme je le décris dans l’article sur les royalties non réclamées et la black box. L’ignorance, ici, coûte une fortune.

ADAMI et SPEDIDAM : le malentendu qui te coûte cher

Passons à la deuxième erreur, celle des musiciens qui, eux, connaissent l’existence de ces droits. Quand je leur demande à quel organisme ils adhèrent, la réponse revient souvent : « l’ADAMI, c’est pour les gros artistes, et la SPEDIDAM, c’est pour les petits. »

C’est complètement faux. Et cette croyance leur coûte cher.

La difference entre l'ADAMI et la SPEDIDAM : ce ne sont pas les gros artistes contre les petits. L'ADAMI gere plutot les droits des artistes-interpretes principaux, mais peut aussi concerner des secondaires ; la SPEDIDAM est davantage centree sur les droits des musiciens d'accompagnement. Deux perimetres complementaires, il faut adherer aux deux.

La réalité, c’est que les deux organismes couvrent des périmètres différents et complémentaires :

  • L’ADAMI gère plutôt les droits des artistes-interprètes principaux (mais elle peut aussi concerner des secondaires, dans certains cas).
  • La SPEDIDAM est davantage centrée sur les droits des musiciens d’accompagnement.

Ce ne sont pas deux niveaux de carrière, ce sont deux logiques. Un même musicien peut être artiste principal sur son projet et musicien d’accompagnement chez d’autres. D’où la conclusion évidente, et pourtant si peu appliquée : tu ne dois pas choisir entre les deux.

Pourquoi tu dois adhérer aux deux

Je vais être direct : adhérer à un seul des deux organismes, c’est laisser la moitié de ton argent sur la table.

Laisse-moi te donner mon propre exemple, chiffré, parce qu’il parle mieux que n’importe quelle théorie. Une année, j’ai perçu environ 30 000 euros de l’ADAMI. La même année, quelques mois plus tard, j’ai touché environ 25 000 euros de la SPEDIDAM.

Exemple chiffre reel de cumul des droits voisins : une meme annee, environ 30 000 euros percus de l'ADAMI et environ 25 000 euros de la SPEDIDAM, soit environ 55 000 euros au total. N'adherer qu'a un seul des deux organismes aurait fait perdre pres de la moitie de cette somme. Il faut adherer aux deux.

Fais le calcul : si je m’étais inscrit uniquement à l’un des deux, je me serais assis sur près de la moitié de ce que j’ai pu percevoir cette année-là. Ce ne sont pas des miettes, c’est une part majeure de mes revenus d’interprète, qui serait partie en fumée sur une simple méconnaissance.

Tous les artistes ne sont évidemment pas sur ces montants, ça dépend de ton activité d’interprète, de tes diffusions, de tes passages radio et TV, de tes streams. Mais le principe est le même pour tout le monde : chaque organisme collecte une partie de tes droits que l’autre ne collecte pas. Le coût d’adhésion à chacun est dérisoire au regard de ce qu’il peut rapporter. Adhère aux deux, point.

Le mandat international : là où dort le plus gros

Voici un niveau que presque personne ne connaît, et où dort pourtant énormément d’argent : l’international.

Tes enregistrements ne sont pas diffusés qu’en France. Ils passent à la radio au Canada, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, au Japon, partout où ta musique circule. Et là aussi, ta prestation génère des droits voisins, crédités à ton nom à l’étranger. Sauf que pour les récupérer, il faut un relais.

Ce relais, c’est le mandat international. Tu confies à un seul des deux organismes (ADAMI ou SPEDIDAM) le soin de percevoir et de gérer tes rémunérations en provenance de l’étranger. L’organisme mandaté se connecte alors avec ses homologues internationaux pour aller chercher les droits qui t’attendent hors de France.

À titre personnel, je recommande de confier ce mandat à l’ADAMI. Je la trouve plus grosse, mieux organisée, avec un réseau plus étendu à l’international, donc mieux armée pour aller collecter ces droits. Mais c’est un avis, et chacun fait comme il le sent. L’essentiel est de ne pas oublier de donner ce mandat : sans lui, tes droits étrangers restent inaccessibles.

Récupérer les droits que tu n’as jamais déclarés

« Et si ça fait des années que je joue sans avoir jamais rien déclaré ? » Bonne nouvelle : tu peux réclamer rétroactivement. Mais il y a des règles précises, et un piège.

Tu peux faire une demande écrite auprès de l’ADAMI et/ou de la SPEDIDAM pour faire valoir tes droits sur des enregistrements passés. Deux points cruciaux :

Reclamer ses droits voisins non declares : la demande ecrite aupres de l'ADAMI ou de la SPEDIDAM est soumise a une prescription de 5 ans a compter de la date de publication de l'enregistrement, au-dela les droits sont perdus ; il faut un justificatif de participation, cachet avec declaration AEM, contrat d'enregistrement, feuille de presence ou credits du livret ; a defaut, une declaration sur l'honneur des autres membres de la session peut aider.

1. La prescription de 5 ans. C’est le piège numéro un. Ta réclamation ne peut porter que sur les 5 dernières années à compter de la date de publication de l’enregistrement. Au-delà, c’est perdu, et redistribué aux autres ayants droit. Autrement dit, si tu déposes une demande dix ans après un enregistrement, tu ne récupéreras que les cinq dernières années, jamais les dix. Chaque année qui passe sans réclamer, c’est une année ancienne qui tombe définitivement. D’où l’urgence d’adhérer et de déclarer maintenant.

2. Le justificatif. Tu dois prouver ta participation. Sans preuve, c’est ta parole contre une autre, et ça ne passe pas. Les justificatifs solides :

  • Un cachet accompagné d’une déclaration AEM.
  • Un contrat d’enregistrement.
  • Une feuille de présence signée.
  • Ton nom dans les crédits du livret de l’album.

L’idéal, tu l’auras compris, c’est de constituer tes preuves en amont, au moment de la session, pas d’essayer de reconstituer un dossier des années plus tard.

Et si tu n’as vraiment rien ? Tout n’est pas perdu. Une déclaration sur l’honneur rédigée par les autres membres ayant participé à la session peut aider. Elle doit préciser qui était le producteur, qui était l’artiste principal, où et dans quelles conditions la session s’est déroulée, éventuellement à quelle heure, et surtout attester que c’est bien toi qui as joué le solo de guitare, tenu la batterie, posé la voix. Tu peux y joindre des photos te montrant présent. Ce n’est pas aussi solide qu’un contrat, mais ça peut débloquer un dossier.

Droits voisins et ARE : ce que tu peux cumuler

Point YMYL essentiel pour les intermittents, et question qu’on me pose tout le temps : est-ce que toucher des droits voisins va réduire mon allocation ?

La réponse est non. Les droits voisins, comme les droits d’auteur, sont des revenus tirés de la propriété intellectuelle, pas des salaires. À ce titre :

Droits voisins et ARE de l'intermittent : les droits voisins ADAMI et SPEDIDAM sont des revenus de propriete intellectuelle, pas des salaires ; ils sont cumulables avec l'ARE, ne se declarent pas a l'actualisation mensuelle et n'entrent pas dans le calcul du salaire de reference ; seule exception, l'ASS ; en revanche ils sont imposables au titre de l'impot sur le revenu.
  • Ils sont cumulables avec l’ARE.
  • Ils ne se déclarent pas à ton actualisation mensuelle auprès de France Travail.
  • Ils n’entrent pas dans le calcul de ton salaire de référence.
  • Seule exception notable : l’ASS (allocation de solidarité spécifique).
  • En revanche, ils sont imposables au titre de l’impôt sur le revenu.

C’est exactement le même traitement que tes droits d’auteur SACEM, que je détaille dans l’article droits d’auteur, SACEM et ARE de l’intermittent. La logique est claire : côté France Travail, tes droits voisins sont neutres (ils ne t’enlèvent rien) ; côté impôts, ils entrent dans ton revenu. Comme toujours sur ces sujets, confirme ta situation personnelle auprès de France Travail, surtout si tu es à l’ASS.

C’est aussi pour ça que ces droits sont si précieux pour un intermittent du spectacle : ils tombent indépendamment de ton compteur d’heures. Le jour où tu galères à atteindre tes 507 heures, ce sont des revenus qui continuent d’arriver sans rien amputer.

Ne laisse plus filer tes droits voisins

Récapitulons la marche à suivre pour ne plus jamais laisser cet argent dormir :

  1. Adhère aux deux organismes, ADAMI et SPEDIDAM, sans attendre. Pour la procédure, les coûts et le retour sur investissement, on a un guide dédié ADAMI ou SPEDIDAM et un guide complet SPEDIDAM.
  2. Confie ton mandat international à l’un des deux (mon conseil : l’ADAMI).
  3. Déclare systématiquement chaque enregistrement et chaque participation.
  4. Garde toutes tes preuves au fil de ta carrière : cachets, AEM, contrats, feuilles de présence, crédits.
  5. Réclame le passé dans la limite des 5 ans de prescription, avant que les années les plus anciennes ne tombent.

C’est un travail de suivi, méticuleux, permanent. Et c’est précisément ce qu’on fait chez Muzisecur : on identifie tout ce qui te revient, droits voisins compris, on t’aide à adhérer et à monter tes dossiers de réclamation, et on veille à ce que rien ne se perde par prescription ou par méconnaissance. Ta seule mission, c’est de jouer.

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Et si tu veux muscler ta visibilité pour générer encore plus de diffusions (donc plus de droits), j’ai créé une masterclass gratuite sur la façon d’atteindre les gros décideurs médias : radio, télé, club, curateurs de playlists et streaming.

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FAQ : droits voisins ADAMI et SPEDIDAM

C’est quoi les droits voisins d’artiste-interprète ? Les droits voisins sont les droits liés à ton interprétation d’une œuvre, distincts des droits d’auteur (qui rémunèrent, eux, l’auteur et le compositeur). Dès que tu joues, chantes ou interprètes sur un enregistrement publié ou diffusé, tu génères des droits voisins. En France, ils sont collectés par deux organismes de gestion collective : l’ADAMI et la SPEDIDAM. C’est de l’argent qui t’appartient au titre de ta prestation d’artiste-interprète, indépendamment de ton cachet. La plupart des musiciens ne savent même pas que ça existe, et ne le réclament donc jamais.

Quelle est la différence entre l’ADAMI et la SPEDIDAM ? L’idée reçue selon laquelle l’ADAMI serait pour les gros artistes et la SPEDIDAM pour les petits est fausse. L’ADAMI gère plutôt les droits des artistes-interprètes principaux (mais peut aussi concerner des secondaires), tandis que la SPEDIDAM est davantage centrée sur les droits des musiciens d’accompagnement. Ce ne sont pas deux niveaux de carrière, mais deux périmètres complémentaires. C’est précisément pour ça qu’un musicien ne doit pas choisir entre les deux : il a intérêt à adhérer aux deux pour capter l’ensemble de ses droits.

Faut-il adhérer à l’ADAMI ou à la SPEDIDAM ? Aux deux. C’est l’erreur la plus coûteuse : croire qu’il faut choisir. Comme les deux organismes couvrent des périmètres différents et complémentaires, n’adhérer qu’à un seul revient à laisser une partie de ton argent sur la table. À titre personnel, je touche des sommes importantes des deux côtés : si je ne m’étais inscrit qu’à l’un des deux, je me serais assis sur près de la moitié de ce que j’aurais pu percevoir. L’adhésion à chacun est peu coûteuse au regard de ce qu’elle rapporte.

Combien peut-on toucher en droits voisins ? Tout dépend de ton activité d’interprète (nombre d’enregistrements, diffusions, passages radio et TV, streams). Mais les montants peuvent être bien plus élevés qu’on ne l’imagine. Pour te donner un ordre de grandeur réel : une année, j’ai perçu environ 30 000 euros de l’ADAMI, et la même année, quelques mois plus tard, environ 25 000 euros de la SPEDIDAM. Tous les artistes ne sont pas dans ces montants, loin de là, mais ça illustre à quel point ces droits, souvent ignorés, peuvent représenter une part majeure des revenus d’un artiste-interprète actif.

Comment adhérer à l’ADAMI et à la SPEDIDAM ? L’adhésion se fait en ligne auprès de chaque organisme, sur présentation de justificatifs prouvant ta qualité d’artiste-interprète (participation à un enregistrement publié). Pour la démarche détaillée, les coûts et le retour sur investissement, consulte notre guide dédié ADAMI ou SPEDIDAM ainsi que notre guide complet SPEDIDAM. Une fois adhérent, tu déclares tes enregistrements et tes participations : c’est cette déclaration qui déclenche la répartition des droits à ton nom. Sans déclaration, les sommes ne peuvent pas t’être versées.

C’est quoi le mandat international des droits voisins ? Pour que tes droits générés à l’étranger te reviennent, tu dois confier à un seul des deux organismes le soin de percevoir et gérer tes rémunérations internationales. L’organisme mandaté se connecte alors avec ses homologues à l’étranger (Canada, Suisse, Belgique, Allemagne, Japon, etc.) pour récupérer les droits crédités à ton nom hors de France. À titre personnel, je recommande de confier ce mandat à l’ADAMI : je la trouve plus grosse, mieux organisée et dotée d’un réseau plus étendu. Mais chacun est libre de son choix.

Peut-on réclamer des droits voisins qu’on n’a jamais déclarés ? Oui. Si tu as participé à des enregistrements sans jamais déclarer tes droits, tu peux faire une demande écrite auprès de l’ADAMI et/ou de la SPEDIDAM pour faire valoir ces droits rétroactivement. Attention toutefois : cette réclamation est enfermée dans un délai de prescription de 5 ans à compter de la date de publication de l’enregistrement. Au-delà, les droits de l’année concernée sont définitivement perdus, et redistribués aux autres ayants droit. Plus tu attends, plus tu perds les années les plus anciennes.

Quel est le délai de prescription des droits voisins ? Le délai est de 5 ans à compter de la date de publication de l’enregistrement. Concrètement, si tu adhères et réclames aujourd’hui, tu peux récupérer les droits des 5 dernières années, pas au-delà. Si tu déposes une demande 10 ans après un enregistrement, tu ne récupéreras que les 5 dernières années, et non les 10. Chaque année qui passe sans réclamer, c’est une année ancienne qui tombe définitivement. C’est la raison numéro un pour adhérer et déclarer sans attendre.

Quels justificatifs faut-il pour réclamer ses droits voisins ? Il te faut prouver ta participation à l’enregistrement. Les justificatifs les plus solides : un cachet accompagné d’une déclaration AEM, un contrat d’enregistrement, une feuille de présence signée, ou ton nom dans les crédits du livret de l’album. Sans preuve, c’est ta parole contre une autre, et la réclamation risque d’échouer. D’où l’importance de constituer tes preuves en amont, au moment de la session, plutôt que d’essayer de reconstituer un dossier des années plus tard.

Que faire si je n’ai aucun justificatif de ma participation ? Tout n’est pas perdu. À défaut de contrat ou de crédits, une déclaration sur l’honneur rédigée par les autres membres ayant participé à la session peut aider à faire valoir tes droits. Idéalement, elle précise qui était le producteur, qui était l’artiste principal, où et dans quelles conditions la session s’est déroulée, et surtout atteste que c’est bien toi qui as joué (le solo de guitare, la batterie, etc.). Tu peux y joindre des photos te montrant présent en session. Ce n’est pas aussi solide qu’un contrat, mais ça peut suffire à débloquer un dossier.

Les droits voisins réduisent-ils mon allocation d’intermittent (ARE) ? Non. Les droits voisins, comme les droits d’auteur, sont des revenus tirés de la propriété intellectuelle, et non des salaires. À ce titre, ils sont cumulables avec l’ARE, n’entrent pas dans le calcul de ton salaire de référence et ne réduisent pas ton allocation. La seule exception notable concerne l’ASS (allocation de solidarité spécifique). Vérifie toujours ta situation personnelle auprès de France Travail, mais le principe est clair : toucher tes droits voisins ne t’enlève rien sur ton allocation d’intermittent.

Faut-il déclarer les droits voisins à France Travail à l’actualisation mensuelle ? Non. Comme les droits d’auteur, les droits voisins ne se déclarent pas lors de ton actualisation mensuelle auprès de France Travail, car ce ne sont pas des revenus d’activité salariée. Tu continues de déclarer normalement tes heures, tes cachets et tes salaires bruts, mais pas tes versements ADAMI ou SPEDIDAM. Là encore, l’ASS constitue une exception, et il est prudent de confirmer ta situation particulière auprès de ton conseiller France Travail.

Les droits voisins sont-ils imposables ? Oui. S’ils ne comptent pas pour ton allocation d’intermittent, les droits voisins n’en restent pas moins des revenus imposables, à déclarer à l’administration fiscale. Ne confonds pas les deux logiques : côté France Travail, ils sont neutres (cumulables, non déclarés à l’actualisation) ; côté impôts, ils entrent dans ton revenu. C’est exactement le même traitement que tes droits d’auteur SACEM.

C’est quoi la rémunération équitable et la copie privée ? Ce sont deux des principaux flux qui alimentent tes droits voisins. La rémunération équitable est la somme versée en contrepartie de la diffusion publique des enregistrements (radios, TV, lieux publics). La copie privée compense la possibilité légale, pour le public, de copier des œuvres pour un usage privé. Une partie de la copie privée (25 %) finance par ailleurs l’action culturelle (aides à la création, à l’enregistrement, à la diffusion, à la formation). J’explique en détail ces mécanismes dans la vidéo intégrée en haut de cet article.

Faut-il être intermittent pour toucher des droits voisins ? Non. Les droits voisins récompensent ta qualité d’artiste-interprète, pas ton statut social. Tu peux percevoir des droits ADAMI et SPEDIDAM même sans être intermittent, dès lors que tu as participé à des enregistrements publiés ou diffusés. Cela dit, pour un musicien intermittent, ces droits sont un complément de revenu précieux, justement parce qu’ils tombent indépendamment de ton compteur d’heures et de ton allocation.

Comment ne plus laisser filer mes droits voisins ? En prenant trois réflexes : adhérer aux deux organismes (ADAMI et SPEDIDAM) sans attendre, déclarer systématiquement chaque enregistrement et chaque participation, et surtout garder toutes tes preuves (cachets, AEM, contrats, crédits, feuilles de présence) au fil de ta carrière. La prescription de 5 ans ne pardonne pas : ce qui n’est pas réclamé à temps est perdu. C’est exactement le type de suivi qu’on prend en charge chez Muzisecur, pour que rien de ce qui t’appartient ne se perde.

Conclusion

Les droits voisins, c’est ta paie d’interprète. Pas un bonus, pas une aide : de l’argent que tu génères chaque fois que ta musique est diffusée, et qui t’attend à l’ADAMI et à la SPEDIDAM. La seule chose qui se met entre toi et cet argent, c’est le fait de ne pas savoir qu’il existe, de croire qu’il faut choisir entre les deux organismes, ou de laisser filer la prescription de 5 ans.

Alors retiens l’essentiel : adhère aux deux, donne ton mandat international, déclare tout, garde tes preuves, et réclame le passé avant qu’il ne tombe. C’est un revenu qui, en plus, n’ampute jamais ton allocation d’intermittent : tout bénéfice.

Et si tu veux qu’on s’assure ensemble que rien de ce qui t’appartient ne se perde, droits voisins, droits d’auteur, congés spectacles, aides, réserve un appel avec Muzisecur. C’est notre métier de veiller à ce que ton argent te revienne.

Cet article donne des règles générales, sourcées auprès de l’ADAMI, de la SPEDIDAM et de France Travail. Les modalités et les délais peuvent évoluer, et ta situation peut comporter des spécificités (notamment si tu es à l’ASS) : vérifie toujours tes droits directement auprès de ces organismes et de France Travail.

Sources officielles

Chiffres et modalités à jour au 3 août 2026. L’articulation avec l’ARE et l’ASS peut évoluer : reporte-toi à France Travail et aux organismes pour ta situation personnelle.

Ce guide fait partie de Intermittent & musique

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