29 avril 2026 Tarik Hamiche 30 min de lecture

ADAMI ou SPEDIDAM en 2026 : guide complet artiste-interprète (différence, choix, ROI)

ADAMI ou SPEDIDAM en 2026 : guide complet artiste-interprète (différence, choix, ROI)

Tu enregistres des morceaux, tu joues sur scène, tu participes à des sessions studio. Mais est-ce que tu touches réellement tous les droits qui te reviennent en tant qu’artiste-interprète ? Si tu ne connais pas l’ADAMI et la SPEDIDAM — ou pire, si tu confonds les deux — il y a de fortes chances que tu laisses plusieurs milliers d’euros par an sur la table. Chaque année, des millions d’euros de droits ne sont pas réclamés par les artistes-interprètes, simplement parce qu’ils ne savent pas à quel organisme s’inscrire ni comment déclarer leurs participations.

Voici le guide complet 2026 par Tarik Hamiche — fondateur de Muzisecur, producteur certifié Or, Platine et Diamant, adhérent ADAMI ET SPEDIDAM depuis 2013 : différence concrète entre les deux, comment choisir (ou les cumuler), comment déclarer tes participations, ROI réel chiffré (jusqu’à 60 000-100 000 € par an selon le cas d’un ami DJ producteur), le piège à 5 chiffres du featuring oublié, et l’anecdote du rappeur passé chez Muzisecur qui a récupéré plus de 70 000 € de droits rétroactifs sur sa première répartition après adhésion.


ADAMI ou SPEDIDAM en un coup d’œil

ÉlémentADAMISPEDIDAM
MissionDroits voisins des artistes principauxDroits voisins des artistes accompagnateurs
Public cibleChanteur lead, rappeur, soliste, comédien, DJ, danseur soliste, cascadeurMusicien session, choriste, beatmaker non principal, figurant
Critère décisifTon nom est sur la pochette ou dans les crédits comme artiste principalTu es crédité comme musicien additionnel, sessionniste, choriste
Frais d’adhésion15 € unique (dont 1,52 € de part sociale)16 € de part sociale unique
Cotisation annuelleAucuneAucune
Méthode de répartitionNotoriété + diffusion (radio, TV, lieux publics)Feuilles de présence + temps de travail déclaré
Copie privée audio (part artistes)50 %50 %
Copie privée audiovisuel (part artistes)80 %20 %
Rémunération équitable50 % du collège artistes (partagée selon les rôles déclarés par titre)Idem
Cumul possibleOui avec la SPEDIDAM (et même recommandé si tu as les 2 rôles)Idem
Mandat international exclusifTu choisis l’un OU l’autre pour gérer tes droits étrangersIdem
Adhérents en France~120 000 artistes~41 000 artistes-interprètes
Distribution annuelle~17 M€ d’aides + droits collectésDroits + aides à la création
Prescription des droits5 ans (rétroactifs possibles)5 ans (rétroactifs possibles)
Site officieladami.frspedidam.fr

À retenir : adhérer aux deux coûte 31 € au total une seule fois. Sur l’expérience de Tarik Hamiche, le ROI cumulé peut aller de quelques centaines d’euros par an sur un titre modeste à 60 000-100 000 € par an sur des projets très exposés (cas d’un ami DJ producteur). Et le délai de prescription est de 5 ans, ce qui veut dire qu’adhérer maintenant te permet de réclamer rétroactivement les droits non collectés depuis 2021 — l’anecdote du rappeur passé chez Muzisecur (plus de 70 000 € sur la première répartition) en est l’illustration la plus parlante.


Introduction : pourquoi tu dois connaître l’ADAMI et la SPEDIDAM

En France, les droits des artistes-interprètes sont gérés par deux organismes de gestion collective (OGC) distincts : l’ADAMI (Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes) et la SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes-interprètes). Ces deux structures sont complémentaires mais ne s’adressent pas aux mêmes profils.

Contrairement à la SACEM qui gère les droits d’auteur (composition, paroles), l’ADAMI et la SPEDIDAM gèrent les droits voisins — c’est-à-dire les droits liés à l’interprétation d’une oeuvre. Si tu chantes un morceau, que tu joues de la guitare sur un album ou que tu fais les choeurs en studio, tu as des droits d’interprète. Et ces droits génèrent de l’argent.

À retenir : Les droits d’auteur (SACEM) et les droits voisins (ADAMI/SPEDIDAM) sont deux choses totalement différentes. Tu peux toucher les deux si tu es à la fois auteur-compositeur ET interprète.


C’est quoi un artiste-interprète ?

Avant de parler d’inscription, clarifions la notion d’artiste-interprète. Selon le Code de la propriété intellectuelle (article L.212-1), l’artiste-interprète est la personne qui représente, chante, récite, déclame, joue ou exécute de toute autre manière une oeuvre littéraire ou artistique.

Concrètement, ça inclut :

  • Les chanteurs et chanteuses (solistes ou choristes)
  • Les musiciens (guitaristes, batteurs, claviéristes, bassistes, etc.)
  • Les rappeurs et rappeuses
  • Les comédiens et comédiennes (doublage, cinéma, théâtre)
  • Les danseurs et danseuses
  • Les chefs d’orchestre et directeurs musicaux

Ce qui distingue un artiste-interprète d’un auteur-compositeur, c’est qu’il ne crée pas l’oeuvre : il l’interprète. Bien sûr, dans beaucoup de cas, la même personne est à la fois auteur, compositeur et interprète — c’est le fameux statut ACI (Auteur-Compositeur-Interprète). Dans ce cas, tu peux être inscrit à la SACEM ET à l’ADAMI ou la SPEDIDAM.

La distinction clé : artiste principal vs artiste accompagnateur

C’est cette distinction qui détermine à quel organisme tu dois t’inscrire :

  • Artiste principal : celui dont le nom figure sur la pochette, qui est identifié comme l’interprète principal du phonogramme. C’est le chanteur lead, le soliste, l’artiste sous contrat avec le label. Il relève de l’ADAMI.

  • Artiste accompagnateur : celui qui participe à l’enregistrement ou au concert sans être identifié comme artiste principal. C’est le guitariste de session, le choriste, le musicien additionnel. Il relève de la SPEDIDAM.

À retenir : Ce n’est pas ton talent qui détermine ton organisme, c’est ton rôle sur l’enregistrement. Un guitariste virtuose qui joue sur l’album d’un autre artiste est un accompagnateur au sens de la SPEDIDAM.


L’ADAMI : l’organisme des artistes principaux

L’ADAMI (Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes) a été créée en 1955. Elle gère les droits des artistes-interprètes principaux — ceux dont le nom est crédité sur le phonogramme ou la production audiovisuelle.

Qui peut s’inscrire à l’ADAMI ?

  • Les chanteurs et chanteuses solistes
  • Les artistes dont le nom apparaît sur la pochette de l’album
  • Les rappeurs et rappeuses en tant qu’artistes principaux
  • Les comédiens (cinéma, télévision, doublage)
  • Les danseurs identifiés comme solistes
  • Les chefs d’orchestre

Comment l’ADAMI répartit les droits

L’ADAMI utilise un système de répartition basé sur la notoriété et la diffusion. Concrètement, plus tes titres sont diffusés (radio, TV, streaming, lieux publics), plus tu touches de droits. L’ADAMI identifie les diffusions grâce aux relevés de diffusion fournis par les radios, les chaînes TV et les plateformes.

La répartition prend en compte :

  • Le nombre de diffusions de tes titres
  • Les supports sur lesquels tu es crédité (albums, singles, compilations)
  • Les utilisations secondaires (publicités, films, synchronisation)

Les montants : à quoi s’attendre

Les montants varient énormément d’un artiste à l’autre. Un artiste avec une forte rotation radio peut toucher plusieurs milliers d’euros par an via l’ADAMI. Un artiste émergent avec quelques titres en catalogue touchera peut-être quelques dizaines ou centaines d’euros. Mais c’est de l’argent qui t’est dû et que tu ne touches pas si tu ne t’inscris pas.


La SPEDIDAM : l’organisme des musiciens accompagnateurs

La SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes-interprètes) a été créée en 1959. Elle gère les droits des artistes-interprètes qui ne sont pas identifiés comme artistes principaux sur les enregistrements.

Qui peut s’inscrire à la SPEDIDAM ?

  • Les musiciens de session (guitaristes, batteurs, claviéristes, etc.)
  • Les choristes et backing vocaux
  • Les musiciens d’orchestre
  • Les figurants dans des productions audiovisuelles
  • Les danseurs de corps de ballet
  • Tout artiste-interprète participant à un enregistrement sans être crédité comme artiste principal

Comment la SPEDIDAM répartit les droits

Contrairement à l’ADAMI qui se base sur la notoriété et la diffusion, la SPEDIDAM fonctionne principalement sur la base du temps de travail déclaré. Chaque artiste inscrit déclare ses sessions d’enregistrement et ses prestations live, et la répartition se fait en fonction du volume d’activité.

La SPEDIDAM répartit :

  • La rémunération pour copie privée (taxe sur les supports vierges)
  • La rémunération équitable (diffusion dans les lieux publics)
  • Les droits exclusifs cédés collectivement

Un point essentiel : la déclaration de sessions

À la SPEDIDAM, c’est toi qui déclares tes participations. Si tu joues de la basse sur 15 albums dans l’année mais que tu ne déclares rien, tu ne touches rien. C’est la principale erreur des musiciens accompagnateurs : ils pensent que les droits arrivent automatiquement. Ce n’est pas le cas.

À retenir : À la SPEDIDAM, pas de déclaration = pas de rémunération. C’est aussi simple que ça. Garde une trace de toutes tes sessions et déclare-les systématiquement.


ADAMI vs SPEDIDAM : le tableau comparatif

Voici un récapitulatif clair des différences entre les deux organismes :

Tableau comparatif ADAMI vs SPEDIDAM critères inscription répartition aides

Comparatif ADAMI vs SPEDIDAM : les critères clés en un coup d’oeil.

CritèreADAMISPEDIDAM
Public cibleArtistes principauxArtistes accompagnateurs
ExemplesChanteur lead, soliste, comédienSessioniste, choriste, figurant
Base de répartitionNotoriété + diffusionTemps de travail (sessions déclarées)
InscriptionGratuite, en ligneGratuite, en ligne
DéclarationPhonogrammes + audiovisuelSessions d’enregistrement + live
Aides financièresProjets artistiques, tournées, créationFormation, création, diffusion
Revenus collectésCopie privée, rémunération équitable, droits exclusifsCopie privée, rémunération équitable, droits exclusifs
Nombre d’adhérents~40 000~60 000

Comment s’inscrire à l’ADAMI ou à la SPEDIDAM

L’inscription aux deux organismes est gratuite et se fait en ligne. Voici les étapes concrètes.

Parcours inscription ADAMI SPEDIDAM étapes documents validation

Les étapes pour t’inscrire et commencer à percevoir tes droits d’interprète.

Inscription à l’ADAMI

  1. Rends-toi sur adami.fr et crée ton compte artiste
  2. Remplis le formulaire d’adhésion avec tes informations personnelles
  3. Fournis les justificatifs :
    • Pièce d’identité en cours de validité
    • RIB (pour le versement des droits)
    • Justificatif d’activité artistique (contrat d’enregistrement, pochette d’album avec ton nom, lien vers tes titres sur les plateformes)
  4. Signe le mandat de gestion qui autorise l’ADAMI à collecter et répartir tes droits
  5. Attends la validation : le traitement prend généralement 2 à 4 semaines

Inscription à la SPEDIDAM

  1. Rends-toi sur spedidam.fr et accède à l’espace d’inscription
  2. Remplis le formulaire avec tes coordonnées et ton activité artistique
  3. Fournis les justificatifs :
    • Pièce d’identité
    • RIB
    • Attestation de participation à un enregistrement ou contrat de session
  4. Signe le mandat de gestion
  5. Reçois ton numéro d’adhérent après validation

Les documents à préparer

Pour les deux organismes, prépare en amont :

  • Une pièce d’identité valide (CNI, passeport)
  • Un RIB à ton nom
  • Des preuves d’activité : contrats, feuilles de présence, crédits d’album, captures d’écran des plateformes de streaming
  • Ton numéro de sécurité sociale

À retenir : L’inscription est gratuite et ne t’engage à rien financièrement. Il n’y a aucune cotisation annuelle. Tu n’as littéralement aucune raison de ne pas t’inscrire si tu es artiste-interprète.


Comment déclarer tes participations

L’inscription ne suffit pas. Pour toucher tes droits, tu dois déclarer régulièrement tes participations aux enregistrements et aux performances.

Déclaration à l’ADAMI

À l’ADAMI, la déclaration concerne tes phonogrammes (enregistrements musicaux) et tes vidéogrammes (clips, films, séries). Pour chaque enregistrement, tu dois fournir :

  • Le titre du morceau ou de la production
  • Le nom de l’artiste principal (toi, en l’occurrence)
  • Le label ou producteur
  • Le code ISRC du titre (si disponible)
  • La date de sortie

Tu peux effectuer ces déclarations directement depuis ton espace personnel sur le site de l’ADAMI. L’organisme croise ensuite ces informations avec les relevés de diffusion pour calculer tes droits.

Déclaration à la SPEDIDAM

À la SPEDIDAM, tu déclares tes sessions d’enregistrement et tes prestations live. Pour chaque session, indique :

  • La date de la session
  • Le lieu d’enregistrement ou de concert
  • Le nom de l’artiste principal pour lequel tu as joué
  • Ton instrument ou rôle
  • La durée de la session
  • Le producteur ou organisateur

La SPEDIDAM met à disposition des formulaires de déclaration en ligne. Plus tes déclarations sont précises et régulières, plus tu maximises tes droits.

La fréquence idéale

Ne laisse pas les déclarations s’accumuler. L’idéal est de déclarer au fil de l’eau, après chaque session ou chaque sortie. Si tu attends la fin de l’année pour tout déclarer d’un coup, tu risques d’oublier des participations — et donc de perdre de l’argent.

À retenir : Crée-toi une routine : après chaque session studio, chaque concert ou chaque sortie de titre, prends 5 minutes pour faire ta déclaration. C’est un investissement minime pour un retour potentiellement significatif.


Les sources de revenus de l’artiste-interprète

D’où vient concrètement l’argent que l’ADAMI et la SPEDIDAM te reversent ? Il y a trois grandes sources de revenus.

Sources de revenus artiste-interprète copie privée rémunération équitable droits exclusifs aides

Les quatre flux de revenus gérés par l’ADAMI et la SPEDIDAM.

1. La rémunération pour copie privée

Chaque fois qu’un consommateur achète un support vierge (clé USB, disque dur externe, smartphone, tablette), une taxe est prélevée. Cette taxe compense le fait que le consommateur va probablement copier des oeuvres protégées sur ce support. Une partie de cette taxe revient aux artistes-interprètes via l’ADAMI et la SPEDIDAM.

En 2025, la copie privée a généré plus de 300 millions d’euros de collecte globale, dont une part significative revient aux artistes-interprètes.

2. La rémunération équitable

Quand ta musique est diffusée dans un lieu public — un bar, un restaurant, un magasin, une salle d’attente, une radio — l’établissement paie une redevance appelée rémunération équitable. Cette redevance est collectée par la SPRE (Société pour la Rémunération Équitable), puis redistribuée aux artistes-interprètes via l’ADAMI et la SPEDIDAM.

3. Les droits exclusifs

Quand un de tes enregistrements est utilisé dans une publicité, un film, une série, un jeu vidéo ou toute autre utilisation secondaire, des droits sont générés. Ces droits sont collectés et répartis par l’ADAMI et la SPEDIDAM selon le type d’utilisation.

4. Les 25 % dédiés aux aides

La loi impose à l’ADAMI et à la SPEDIDAM de consacrer 25 % des sommes collectées au titre de la copie privée à des actions d’aide à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à la formation. C’est ce qui finance les programmes d’aides dont on parle dans la section suivante.


Les aides financières disponibles

Au-delà de la simple répartition des droits, l’ADAMI et la SPEDIDAM proposent des programmes d’aides et de subventions très concrets pour les artistes-interprètes.

Les aides de l’ADAMI

L’ADAMI finance des projets artistiques à travers plusieurs dispositifs :

  • Aide à la création de spectacle vivant : jusqu’à 15 000 EUR pour monter un spectacle (musique, théâtre, danse)
  • Aide à l’enregistrement : financement partiel de la production d’un album
  • Aide à la captation audiovisuelle : pour filmer un concert ou un spectacle
  • Aide aux festivals : soutien aux événements qui programment des artistes-interprètes
  • Prix et récompenses : l’ADAMI décerne chaque année des prix qui récompensent des artistes émergents

Les aides de la SPEDIDAM

La SPEDIDAM dispose également d’un budget d’aide conséquent :

  • Aide à la diffusion du spectacle vivant : financement de tournées et de concerts
  • Aide à la production phonographique : soutien à l’enregistrement d’albums
  • Aide à la formation professionnelle : financement de formations pour les artistes-interprètes (masterclasses, stages techniques)
  • Aide d’urgence : soutien financier ponctuel pour les artistes en difficulté
  • Aide aux structures : financement d’organismes qui accompagnent les artistes-interprètes

Comment candidater

Les dossiers de demande d’aide sont disponibles sur les sites de l’ADAMI et de la SPEDIDAM. Chaque programme a ses propres critères et ses propres dates de dépôt (généralement plusieurs sessions par an). Les commissions d’attribution examinent les dossiers et notifient les résultats sous quelques semaines.

À retenir : Les aides de l’ADAMI et de la SPEDIDAM sont souvent méconnues, mais elles représentent des montants significatifs. Si tu prépares un album, une tournée ou un clip, vérifie systématiquement si tu es éligible à une aide.


Adhérer aux 2 ou choisir : ce que j’ai compris en 5 ans chez Muzisecur

Réponse directe : si tu as les deux rôles dans ta carrière (artiste principal sur certains projets ET musicien accompagnateur sur d’autres), tu adhères aux deux. Pour 31 € au total une seule fois, tu débloques deux flux de droits qui ne se chevauchent pas. Contrairement au choix SCPP ou SPPF côté producteur (où c’est l’un OU l’autre, mandat exclusif), l’ADAMI et la SPEDIDAM se cumulent sans contrainte — sauf pour les droits internationaux où il faut choisir un seul gestionnaire.

C’est exactement le choix que Tarik Hamiche a fait en 2013, et qu’il maintient aujourd’hui.

« Oui, je suis bien adhérent à l’ADAMI et à la SPEDIDAM depuis 2013, je crois de mémoire. J’ai fait ce choix parce qu’en qualité de beatmaker et en qualité de directeur artistique, je peux prétendre à des droits voisins d’artiste interprète, en plus de mes droits d’auteur et en plus de mes droits voisins de producteur. Et comme c’est une source de revenus qui n’est pas négligeable, j’ai rapidement pris la mesure de pourquoi c’était indispensable d’adhérer aux 2. » — Tarik Hamiche

Le raisonnement à appliquer à ton propre cas

« Mon choix d’adhérer aux 2, c’est parce que j’ai découvert que l’ADAMI représentait majoritairement les droits voisins des artistes interprètes principaux, or j’ai fait partie d’un groupe dans lequel le nom du groupe était mis en avant sur toutes les sorties. Et la SPEDIDAM, elle va gérer les droits voisins des musiciens d’accompagnement, et en ma qualité de beatmaker, c’est un petit peu le statut que j’ai aussi. C’est pourquoi je collecte en fait auprès des deux organismes. » — Tarik Hamiche

La clé de lecture : un même artiste peut avoir les deux statuts en parallèle selon les enregistrements. Tu n’es pas « artiste ADAMI » ou « artiste SPEDIDAM » dans l’absolu — tu es artiste principal sur certains titres et accompagnateur sur d’autres, et chaque statut déclenche la collecte chez l’organisme correspondant.

Ce qu’on observe sur les artistes Muzisecur

Sur les centaines d’artistes accompagnés, personne ne se trompe d’organisme — non pas parce qu’ils savent d’eux-mêmes, mais parce qu’on les guide systématiquement vers la double adhésion quand leurs profils le justifient.

« Beaucoup ne savent même pas que ça existe, et quand ils découvrent que ça existe, ne savent pas lequel intégrer en premier. Si t’es pas artiste interprète au départ, aller à l’ADAMI, c’est pas forcément ce qu’il y a de mieux. La SPEDIDAM, ça peut être mieux. Mais il y a des critères d’adhésion qui peuvent les repousser un petit peu, et là où on intervient, c’est qu’on les guide dans ce chemin-là, on fait les démarches pour eux et finalement on leur permet de collecter auprès des deux organismes assez rapidement. » — Tarik Hamiche

À retenir : adhère aux deux dès que tu as participé à au moins un enregistrement comme principal ET un comme accompagnateur. Pour 31 € total une fois, tu protèges l’intégralité de tes flux pour les 50 prochaines années. Le seul vrai choix à faire ensuite, c’est lequel des deux gère tes droits internationaux (mandat exclusif export).


Combien rapporte vraiment l’ADAMI et la SPEDIDAM ?

Aucun montant garanti — les revenus dépendent intégralement de l’exposition réelle des enregistrements auxquels tu participes. Pour donner un ordre de grandeur réel, voici l’expérience de Tarik Hamiche, fondateur de Muzisecur, adhérent ADAMI + SPEDIDAM depuis 2013 :

  • Titres dormants : certains de ses titres ne dépassent jamais 10 € par an.
  • Titres qui marchent un peu : plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’euros par an.
  • Tubes avec grosse exposition : plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, parfois pendant de nombreuses années consécutives.
  • Cas exceptionnel : un DJ producteur ami a perçu entre 60 000 € et 100 000 € par an d’ADAMI + SPEDIDAM cumulés pendant plusieurs années consécutives.

« Avec un seul titre qui a vraiment une grosse exposition, ça peut se compter en dizaines de milliers d’euros chaque année, et ça peut durer assez longtemps. Après, ce qui rémunère le mieux ? Il n’y a pas vraiment de règle. Quand je fais des instrus qui sont sur des albums et que c’est surtout la SPEDIDAM qui collecte, si les albums se sont bien vendus, oui, ça rapporte énormément. À côté, l’ADAMI va plus gérer les droits liés aux artistes principaux. Si tu es à l’ADAMI mais que tu as un titre qui ne tourne pas, ça te rapportera moins que des droits liés à de la musique d’accompagnement sur des albums qui se vendent bien. » — Tarik Hamiche

L’effet du nombre de crédités sur la répartition

Le facteur que personne n’anticipe : plus il y a de noms crédités sur un même titre, plus le gâteau se divise.

« D’autres ont eu beaucoup moins, parce que des fois ils sont 15 à être crédités sur un titre qui a bien marché. Donc forcément, quand tu dois rediviser le gâteau en plusieurs, ça fait moins à la fin pour toi. » — Tarik Hamiche

Conséquence stratégique : sur un titre qui marche, chaque ayant droit ajouté dilue ta part. Un featuring à 2 = 50 %. Un titre à 5 musiciens crédités = 20 %. Un titre à 15 (ex : grosse production avec beaucoup de session players) = ~6 %. Tarik recommande donc de bien arbitrer en amont la liste des crédités sur chaque release — pas pour exclure injustement, mais pour ne pas multiplier inutilement les noms quand ce n’est pas justifié par une vraie contribution.

À retenir : 31 € investis une fois contre plusieurs centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros par an dès qu’un titre commence à tourner. L’ADAMI et la SPEDIDAM sont les droits les plus négligés et les plus rentables des artistes-interprètes français.


L’erreur à 5 chiffres : ne pas être crédité en featuring sur tes collabs

Si tu participes à une collaboration sans être crédité comme co-artiste principal (featuring), tu collectes via la SPEDIDAM mais beaucoup moins que ce que tu aurais touché via l’ADAMI. Sur un titre qui marche fort (millions de streams + radio + lieux publics), l’écart se chiffre en dizaines de milliers d’euros perdus sur la durée d’exploitation. La règle d’or : demander systématiquement le crédit featuring avant la sortie, peu importe ton rôle exact (beatmaker, voix additionnelle, musicien session).

C’est l’erreur principale dans laquelle Tarik est tombé lui-même en début de carrière, et qu’il voit revenir en boucle chez les artistes accompagnés.

« Le piège principal que j’ai énormément vu, et dans lequel je suis tombé moi-même, c’est lorsque tu fais une collaboration avec un artiste et que tu n’es pas cité en featuring. Là, clairement, tu vas réussir à collecter des droits voisins d’interprète via la SPEDIDAM, mais ce sera beaucoup moins important que ce que tu aurais pu collecter via l’ADAMI si tu étais apparu. » — Tarik Hamiche

La règle d’or

« Ce que je recommande, c’est que même si tu es beatmaker, même si tu es musicien, même si tu es une voix additionnelle sur un titre, demande toujours à être crédité en artiste interprète principal en collaboration avec l’artiste majoritairement représenté. Grâce à ça, ça te fera plus de droits voisins d’artistes interprètes. » — Tarik Hamiche

Le bonus secondaire : la visibilité Spotify

Au-delà des droits voisins, le crédit featuring déclenche un mécanisme côté Spotify que peu d’artistes anticipent : le titre apparaît sur les deux profils artistes, et les streams comptent pour les deux dans les compteurs et les recommandations algorithmiques.

« En plus de ça, si le titre sort sur Spotify, ça collecte des streams des deux côtés. Disons demain tu fais un feat avec Beyoncé. Bon, bah il y a 50 millions de streams. Ça tombe chez elle, mais aussi chez toi. Ce qui peut drainer de la visibilité sur ton profil. C’est surtout, surtout, pour les droits voisins d’artistes interprètes que c’est important d’être crédité comme co-artiste principal. » — Tarik Hamiche

L’arbitrage est radical : ne jamais accepter une collaboration sans crédit featuring, sauf cas très spécifique (ghost production assumée, contrat clair de cession de qualité d’interprète). Le coût d’opportunité d’un titre qui décolle sans toi en featuring est largement supérieur au prix politique de demander le crédit en amont.

À retenir : demander le crédit featuring est gratuit et n’enlève rien à l’artiste principal (vous restez tous les deux gagnants). Ne pas le demander te coûte potentiellement plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits ADAMI sur un titre qui marche, plus la visibilité Spotify cumulée. C’est l’erreur la plus chère et la plus évitable de la carrière d’un artiste-interprète accompagnateur.


Faut-il attendre la fusion ADAMI et SPEDIDAM ?

Non, surtout pas. Le projet de fusion entre ADAMI et SPEDIDAM est dans les tuyaux depuis plus de 15 ans sans aboutir concrètement. La structure commune SAI (Société des Artistes Interprètes) a été créée pour servir de pont, mais sur le terrain rien n’a changé : pas de portail unique, pas de répartition unifiée, pas d’adhésion fusionnée. Adhérer maintenant te donne immédiatement accès aux aides, aux subventions et à la collecte de droits — perdre 1 ou 2 ans à attendre une fusion incertaine te coûte des milliers d’euros de droits non collectés.

« Cette fusion, ça fait 15 ans que j’en entends parler. Ils l’ont créé, ça s’appelle la SAI, Société des Artistes Indépendants, mais ça n’a absolument rien changé. Elles n’ont pas fusionné. Il n’y a pas un seul endroit où déposer des titres ou collecter, ainsi de suite. Donc non, il ne faut surtout pas attendre la fusion pour adhérer. Plutôt, tu adhères, tu collectes, et ça te donne accès à un certain nombre de leviers comme des aides et des subventions de la part de l’ADAMI, mais aussi de la part de la SPEDIDAM. » — Tarik Hamiche

Pourquoi cette fusion piétine

Trois raisons structurelles :

  1. Les deux organismes ont des cultures et des bases de cotisants différentes — ADAMI orientée artistes principaux historiquement issus de l’industrie classique et de la chanson française, SPEDIDAM orientée musiciens session avec une forte présence de sociétaires syndicaux (CGT-SFA notamment).
  2. Les répartitions techniques diffèrent (notoriété/diffusion vs feuilles de présence). Fusionner imposerait de trancher sur une seule méthode et créerait des perdants.
  3. Les conseils d’administration et instances dirigeantes ont des équilibres internes que la fusion bouleverserait. Aucun camp n’a intérêt à céder le pouvoir.

Conclusion pratique : n’optimise pas ta stratégie sur l’hypothèse d’une fusion qui pourrait ne jamais venir. Adhère, collecte, et si la fusion se fait un jour, tes droits seront mécaniquement transférés.

À retenir : 15 ans qu’on attend cette fusion. Si tu attends encore 5 ans, tu perds 5 ans de droits. Adhère, collecte, et oublie le débat institutionnel.


L’anecdote du rappeur qui a récupéré plus de 70 000 € rétroactifs

C’est un cas réel, parmi les plus parlants observés chez Muzisecur. Un rappeur arrivé après 5 ans en maison de disques, ayant fait une tournée des Zéniths complète, avec un catalogue de ~75 œuvres — et qui n’avait jamais déclaré ni ses dates de concert, ni la grande majorité de ses œuvres à la SPEDIDAM.

« Je me souviens d’un artiste qu’on a eu, qui est un rappeur, qui sur une discussion me dit l’an dernier : “J’ai fait la tournée des Zéniths, j’ai rempli X salles, j’ai vendu X billets. Ça m’a super bien rapporté.” Et puis je lui dis : “OK, en droits d’auteur, en droits voisins, ça a donné quoi ?” Et là je vois que les montants sont complètement incohérents, et on réalise beaucoup d’erreurs. Mais celle-là m’a marqué : il ne déclarait absolument aucune de ses dates de concert, donc il ne collectait pas de droits d’auteur, mais il ne collectait pas non plus de droits voisins. » — Tarik Hamiche

Le diagnostic Muzisecur

Sur le catalogue de 75 œuvres existantes, seulement 4 avaient été enregistrées avec feuille de présence correctement déposée. Tout le reste — y compris les titres qui avaient le mieux marché — était en suspens dans les bases de la SPEDIDAM, sans rattachement nominatif.

L’équipe Muzisecur a fait le travail rétroactif : reconstitution des feuilles de présence à partir des sessions documentées, identification d’œuvres au Répertoire Social, déclaration des dates de concert non déclarées, vérification des crédits de chaque titre.

Le résultat

« On a tout redéposé en fin d’année sur la répartition de décembre. Il est reparti avec plus de 70 000 €. Bon, ben ça, c’est le genre de truc où il était très heureux, il était très fier d’être rentré chez Muzisecur — pour le coup, il a sur-rentabilisé son investissement. Et des cas comme ça, ce ne sont pas des cas isolés. Il y en a plein, à des échelles différentes, mais même 3 000-5 000-6 000 €, c’est mieux dans ta poche que dans la poche de je ne sais qui. » — Tarik Hamiche

La leçon pour toi

Le délai de prescription des droits SPEDIDAM et ADAMI est de 5 ans. Si tu t’inscris aujourd’hui, tu peux récupérer les droits non collectés sur toutes les exploitations de tes œuvres depuis 2021. Sur un catalogue actif (concerts, sorties, sessions), ça représente potentiellement plusieurs dizaines de milliers d’euros qui dorment dans les pots communs des organismes — et qui partiront définitivement en irrépartissables si tu n’agis pas avant la fin du délai.

À retenir : il n’est jamais trop tard pour adhérer, mais chaque année que tu attends, tu perds un cycle de prescription. Si tu as une carrière active depuis plusieurs années sans être inscrit à l’ADAMI ou la SPEDIDAM, l’opération « rattrapage rétroactif » peut rentabiliser à elle seule plusieurs années d’accompagnement Muzisecur dès la première répartition.


Les erreurs les plus fréquentes

Après des années d’accompagnement d’artistes, voici les erreurs qu’on voit le plus souvent concernant l’ADAMI et la SPEDIDAM.

1. Ne pas s’inscrire du tout

C’est l’erreur numéro un. Beaucoup d’artistes pensent que les droits d’interprète arrivent automatiquement, comme les droits SACEM. Ce n’est pas le cas. Si tu n’es pas inscrit à l’ADAMI ou à la SPEDIDAM, tu ne touches rien. Et les sommes non réclamées sont redistribuées aux autres adhérents après un délai de prescription.

2. S’inscrire au mauvais organisme

Un chanteur qui s’inscrit à la SPEDIDAM au lieu de l’ADAMI, un sessioniste qui s’inscrit à l’ADAMI au lieu de la SPEDIDAM. Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Le résultat : tes déclarations ne correspondent pas à ton profil, et tes droits ne sont pas correctement répartis.

3. Oublier de déclarer

Tu es inscrit, c’est bien. Mais si tu ne déclares pas tes participations, le système ne peut pas savoir que tu as joué sur tel album ou tel concert. Résultat : zéro euro.

4. Déclarer en retard ou de manière incomplète

Les déclarations tardives ou incomplètes (sans code ISRC, sans nom de producteur, sans date précise) ralentissent le traitement et peuvent réduire tes droits. Sois rigoureux.

5. Confondre droits d’auteur et droits voisins

L’ADAMI et la SPEDIDAM ne remplacent pas la SACEM. Si tu es auteur-compositeur-interprète, tu dois être inscrit aux deux systèmes : la SACEM pour tes droits d’auteur, et l’ADAMI ou la SPEDIDAM pour tes droits d’interprète.


Peut-on être inscrit aux deux ?

Oui, absolument. Si tu es à la fois artiste principal sur certains projets et musicien accompagnateur sur d’autres, tu peux — et tu dois — être inscrit aux deux organismes.

Exemple concret : tu es le chanteur et leader de ton propre groupe (tu es artiste principal → ADAMI), mais tu joues aussi de la guitare sur les albums d’autres artistes en tant que sessioniste (tu es accompagnateur → SPEDIDAM).

Dans ce cas, tu déclares :

  • Tes propres enregistrements à l’ADAMI
  • Tes sessions pour d’autres artistes à la SPEDIDAM

C’est parfaitement légal et même recommandé. Ne laisse aucun droit de côté.


Comment Muzisecur gère tout ça pour toi

Soyons honnêtes : entre l’inscription, les déclarations régulières, le suivi des sessions, la vérification des codes ISRC, les demandes d’aide et les échéances administratives, la gestion de tes droits d’interprète peut vite devenir un cauchemar administratif.

C’est exactement pour ça que Muzisecur existe.

Ce que Muzisecur prend en charge

  • L’inscription à l’ADAMI et/ou à la SPEDIDAM : on s’occupe du formulaire, des justificatifs et du suivi jusqu’à validation
  • La déclaration de tes participations : tu nous transmets tes sessions et tes sorties, on fait les déclarations dans les règles
  • Le suivi de tes droits : on vérifie que les montants versés correspondent à ton activité réelle
  • Les demandes d’aide : on identifie les dispositifs auxquels tu es éligible et on monte les dossiers pour toi
  • La veille administrative : on te prévient des échéances, des nouvelles aides disponibles et des évolutions réglementaires

L’objectif est simple : tu te concentres sur ta musique, on gère le reste.

À retenir : Avec Muzisecur, tu n’as plus besoin de naviguer entre les sites de l’ADAMI et de la SPEDIDAM, de remplir des formulaires ou de courir après des justificatifs. On s’occupe de tout pour que tu touches l’intégralité de tes droits d’interprète.


FAQ : ADAMI et SPEDIDAM

Quelle est la différence entre l’ADAMI et la SPEDIDAM ?

L’ADAMI gère les droits des artistes principaux (chanteurs solistes, rappeurs, comédiens, artistes crédités sur la pochette). La SPEDIDAM gère les droits des artistes accompagnateurs (musiciens de session, choristes, figurants, beatmakers non crédités en principal). Ce n’est pas ton talent qui détermine ton organisme, c’est ton rôle sur l’enregistrement. Les deux collectent les mêmes types de droits (rémunération équitable, copie privée) mais selon des méthodes de répartition différentes : ADAMI sur la notoriété et la diffusion, SPEDIDAM sur les feuilles de présence et le temps de travail déclaré.

Comment choisir entre ADAMI et SPEDIDAM ?

Le critère qui tranche est ton rôle sur chaque enregistrement. Si ton nom apparaît sur la pochette ou les crédits comme artiste principal (chanteur lead, rappeur, soliste), tu adhères à l’ADAMI. Si tu es crédité comme musicien additionnel, session player, choriste ou beatmaker non principal, tu adhères à la SPEDIDAM. La plupart des artistes-producteurs (beatmakers, DA, multi-instrumentistes) ont les deux statuts selon les projets — ils adhèrent donc aux deux. C’est exactement le cas de Tarik Hamiche, fondateur de Muzisecur, adhérent ADAMI + SPEDIDAM depuis 2013.

Peut-on adhérer à la fois à l’ADAMI et à la SPEDIDAM ?

Oui, et c’est même fortement recommandé si tu cumules des rôles d’artiste principal et d’accompagnateur. Contrairement au choix SCPP/SPPF côté producteur (où il faut choisir l’un OU l’autre), tu peux adhérer aux DEUX organismes côté interprète. Chaque organisme gère les droits correspondant à ton rôle sur chaque enregistrement spécifique. Seule restriction : tu dois confier à UN seul des deux la gestion de tes droits étrangers (mandat international exclusif). L’adhésion aux deux te coûte 31 € au total (15 € ADAMI + 16 € SPEDIDAM), une seule fois.

Combien coûte l’adhésion à l’ADAMI ?

15 € en frais d’admission forfaitaires uniques, dont 1,52 € de souscription d’une part sociale. Aucune cotisation annuelle. L’ADAMI se rémunère ensuite via des frais de gestion prélevés sur les droits qu’elle collecte pour toi.

Combien coûte l’adhésion à la SPEDIDAM ?

16 € de part sociale, payés une seule fois par chèque à l’ordre de la SPEDIDAM. Aucune cotisation annuelle. Ces 16 € te rendent membre de la société coopérative et te donnent le droit de vote aux assemblées générales.

Quels artistes peuvent adhérer à l’ADAMI ?

L’ADAMI accepte les artistes-interprètes principaux : comédiens, artistes lyriques, imitateurs, marionnettistes, mimes, artistes de cirque, diseurs, conteurs, musiciens (solistes), chanteurs, chefs d’orchestre, chefs de chœur, DJ, danseurs solistes et cascadeurs. La condition technique : avoir participé en qualité d’artiste-interprète à l’enregistrement (captation/fixation) d’au moins une œuvre audiovisuelle ou sonore.

Un beatmaker doit-il adhérer à l’ADAMI ou à la SPEDIDAM ?

Les deux dans la plupart des cas. Si ton beat est sorti sous ton propre nom (en tant qu’artiste principal), tu relèves de l’ADAMI. Si tu fournis l’instrumental à un autre artiste sans être crédité comme co-artiste principal, tu relèves de la SPEDIDAM. Comme la majorité des beatmakers font les deux selon les projets, ils adhèrent aux deux organismes — c’est le cas de Tarik Hamiche depuis 2013.

Combien rapporte l’ADAMI par an pour un artiste qui démarre ?

Aucun chiffre garanti. Pour ordre de grandeur, sur l’expérience de Tarik Hamiche (adhérent ADAMI + SPEDIDAM depuis 2013) : certains titres ne dépassent jamais 10 € par an. D’autres génèrent plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’euros. Pour un véritable tube avec grosse exposition, ça peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par an et durer longtemps. Cas connu : un ami DJ producteur a perçu entre 60 000 € et 100 000 € par an d’ADAMI + SPEDIDAM cumulés pendant plusieurs années consécutives. À l’inverse, quand 15 personnes sont créditées sur un même titre, le gâteau se divise par 15.

Combien rapporte la SPEDIDAM par session enregistrée ?

La SPEDIDAM ne paie pas par session mais sur la base des feuilles de présence déclarées et du temps de travail effectif sur des œuvres ensuite exploitées. Un musicien session qui joue sur un album qui se vend bien peut percevoir des droits SPEDIDAM significatifs pendant des années. Selon Tarik Hamiche : « Quand je fais des instrus qui sont sur des albums et que c’est surtout la SPEDIDAM qui collecte, si les albums se sont bien vendus, oui, ça rapporte énormément ». Pas de minimum garanti par session — tout dépend de l’exploitation commerciale ultérieure du master.

Comment fonctionne la répartition de la rémunération équitable entre ADAMI et SPEDIDAM ?

La rémunération équitable est collectée par la SPRE (radios, TV, lieux sonorisés, discothèques) et redistribuée à raison de 50 % au collège artistes-interprètes et 50 % au collège producteurs. La part artistes est ensuite partagée entre ADAMI (artistes principaux) et SPEDIDAM (accompagnateurs) selon des clés techniques par titre, basées sur le rôle déclaré de chaque ayant droit. Les frais de gestion sont prélevés en amont par chaque OGC.

Comment se répartit la copie privée entre ADAMI et SPEDIDAM ?

Pour la part artistes-interprètes de la copie privée, la répartition est différente entre audio et audiovisuel. Copie privée audio : 50 % SPEDIDAM + 50 % ADAMI. Copie privée audiovisuelle : 80 % ADAMI + 20 % SPEDIDAM. Cette différence s’explique historiquement par la part dominante des artistes principaux (couverts par l’ADAMI) dans le secteur audiovisuel, contre une présence forte des musiciens session (couverts par la SPEDIDAM) sur les phonogrammes audio.

Faut-il attendre la fusion ADAMI/SPEDIDAM avant d’adhérer ?

Non. Tarik Hamiche, adhérent aux deux depuis 2013, le confirme : « Cette fusion, ça fait 15 ans que j’en entends parler ». Ils ont créé une structure commune appelée la SAI (Société des Artistes Interprètes), mais cela n’a rien changé concrètement : pas de fusion effective, pas de portail unique, pas de répartition unifiée. Adhérer maintenant te donne immédiatement accès aux aides, aux subventions et à la collecte de droits — perdre 1, 2 ou 3 ans à attendre une fusion incertaine te coûte plusieurs milliers d’euros de droits non collectés.

Quel est le piège à éviter quand on est crédité sur une collaboration ?

Ne pas demander à être crédité en featuring (artiste interprète principal). Selon Tarik Hamiche : « Le piège principal dans lequel je suis tombé moi-même, c’est que lorsque tu fais une collaboration et que tu n’es pas cité en featuring, tu collectes des droits via la SPEDIDAM mais beaucoup moins que ce que tu aurais pu collecter via l’ADAMI si tu étais apparu ». Règle d’or : même si tu es beatmaker, musicien additionnel ou voix complémentaire, demande systématiquement à être crédité comme co-artiste principal. Bonus secondaire : sur Spotify, ça collecte les streams des deux côtés et draine de la visibilité sur ton profil. Sur un feat avec une grosse pointure, ça peut représenter des centaines de milliers de streams et plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits ADAMI.

Qu’est-ce qu’une feuille de présence SPEDIDAM et comment la remplir ?

La feuille de présence est le document officiel qui prouve ta participation à une session d’enregistrement, signé par toi et le producteur. Elle indique : la date, le lieu, le titre enregistré, ton rôle (musicien session, choriste, etc.), le temps effectif de la session, et les coordonnées des autres intervenants. Sans feuille de présence, la SPEDIDAM n’a aucune preuve que tu as joué sur l’enregistrement et ne peut pas te reverser de droits. Erreur n°1 des musiciens session : oublier de faire signer cette feuille à chaud lors de la session, et essayer de la régulariser des mois plus tard auprès du producteur — souvent injoignable.

Peut-on récupérer des droits ADAMI ou SPEDIDAM rétroactifs ?

Oui, dans la limite du délai de prescription de 5 ans. Si tu t’inscris aujourd’hui, tu peux réclamer les droits non collectés sur les 5 dernières années — à condition de pouvoir prouver tes participations (feuilles de présence, contrats, crédits, sortie commerciale). Cas réel chez Muzisecur cité par Tarik Hamiche : un rappeur arrivé après plusieurs années en maison de disques, ayant fait la tournée des Zéniths sans déclarer ses dates de concert ni ses œuvres, a récupéré plus de 70 000 € de droits sur la répartition de décembre suivant son adhésion. Sur 75 œuvres au catalogue, seulement 4 avaient été enregistrées avec feuille de présence.

Que se passe-t-il si je n’identifie pas mes œuvres à la SPEDIDAM ?

La SPEDIDAM ne peut pas te rattacher aux flux de rémunération équitable et de copie privée correspondant à tes participations. Tes droits partent en irrépartissables — ils sont redistribués selon des clés génériques au pot commun, ou réinjectés vers d’autres adhérents. Tu peux être adhérent depuis 5 ans et ne toucher aucun centime si l’identification d’œuvre n’est pas faite. C’est, avec l’oubli des feuilles de présence, l’erreur la plus coûteuse des artistes-interprètes débutants.

Combien de temps faut-il pour recevoir ses premiers droits ADAMI ou SPEDIDAM ?

Après l’inscription et la première déclaration, il faut généralement compter 6 à 12 mois avant de recevoir les premiers versements. Les répartitions se font une à deux fois par an, selon les organismes et les types de droits. Pour ne pas perdre de cycle, vise une déclaration complète avant la répartition de fin d’année (décembre).

Puis-je être inscrit à la SACEM ET à l’ADAMI ?

Oui. La SACEM gère tes droits d’auteur-compositeur (paroles et musique). L’ADAMI gère tes droits voisins d’interprète. Ce sont deux droits distincts qui se cumulent. Si tu es auteur-compositeur-interprète et producteur de tes propres masters, tu peux même cumuler 4 organismes en parallèle : SACEM + ADAMI ou SPEDIDAM (interprétation) + SCPP ou SPPF (production phonographique).

Comment savoir si j’ai des droits en attente à l’ADAMI ou à la SPEDIDAM ?

Contacte directement l’ADAMI (adami.fr) ou la SPEDIDAM (spedidam.fr) avec ton identité, ton nom d’artiste éventuel, ta discographie et la liste des sessions auxquelles tu as participé. Les services d’identification peuvent vérifier si des sommes sont en attente de répartition à ton nom. Tu peux aussi confier cette vérification rétroactive à Muzisecur, qui le fait systématiquement pour ses adhérents lors de la prise en charge initiale d’un catalogue.


Conclusion

L’ADAMI et la SPEDIDAM ne sont pas des options : ce sont des droits fondamentaux que tu dois activer en tant qu’artiste-interprète. Que tu sois chanteur soliste, guitariste de session, choriste ou comédien, il existe un organisme qui collecte de l’argent en ton nom. Encore faut-il t’inscrire et déclarer tes participations.

Pour résumer :

  • Tu es artiste principal (ton nom est sur la pochette) → inscris-toi à l’ADAMI
  • Tu es musicien accompagnateur (tu joues pour d’autres) → inscris-toi à la SPEDIDAM
  • Tu fais les deux → inscris-toi aux deux
  • Tu ne veux pas gérer l’administratif → confie tout à Muzisecur

Ne laisse plus un seul euro de droits d’interprète sur la table. L’inscription est gratuite, la déclaration prend quelques minutes, et les sommes en jeu peuvent représenter un complément de revenu non négligeable — surtout sur le long terme.

Et si tout ça te semble encore trop compliqué, Muzisecur s’occupe de l’inscription, des déclarations et du suivi pour toi. Tu crées la musique, on protège tes droits.

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