Intermittent du spectacle et avoir son label : c'est légal ?
J’ai accompagné beaucoup d’intermittents du spectacle, et ils traversent tous, sans exception, les mêmes étapes. Au début, ils sont contents : ils ont décroché le statut, ça les sécurise, ils respirent. Puis ils réalisent que cumuler le nombre de cachets nécessaire chaque année, ce n’est pas qu’une question de talent, c’est un vrai investissement en temps et en organisation. Et un jour, ils comprennent quelque chose de plus dur : ils sont pris au piège dans ce schéma.
Je suis Tarik Hamiche, producteur certifié disque d’or et de platine en totale indépendance, fondateur de Muzisecur. Et quand je démontre par A plus B à un artiste qu’en changeant simplement de structure il gagnera plus sans faire une seule date de plus, il y a toujours ce silence. Le moment où il réalise qu’aussi confortable soit le statut d’intermittent, ça reste un statut précaire. Bon à avoir un temps. Mais sur lequel on ne bâtit pas un développement pérenne. Cet article est pour ce moment-là.
Mais avant d’aller plus loin, répondons à la question que tout le monde me pose en premier : intermittent du spectacle ET avoir son propre label, c’est légal ? Oui. Parfaitement. Tu peux cumuler ton statut d’intermittent avec une activité de producteur sans rien renier. Mieux : c’est souvent la décision qui change tout. On détaille le cumul plus bas, mais garde ça en tête en lisant : tu n’as pas à choisir entre ta sécurité et ton indépendance.
Les trois étapes que traverse chaque intermittent
Si tu es intermittent, tu vas te reconnaître dans au moins une de ces trois étapes.
Étape 1 : le soulagement. Tu obtiens le statut. Enfin. Après des mois à courir les cachets, l’assurance chômage reconnaît ton activité. Tu te sens légitime, protégé, dans le système. C’est une vraie victoire, et elle compte.
Étape 2 : la machine. Tu comprends vite que le statut, ça s’entretient. Recompléter tes heures chaque année devient un objectif en soi. Tu acceptes des dates moins pour la musique que pour le décompte. Tu passes un temps fou à relancer, à organiser, à vérifier où tu en es. La sécurité a un prix, et ce prix, c’est ton énergie.
Étape 3 : le piège. Et puis, un jour, le déclic. Tu réalises que tu ne construis pas ta carrière, tu entretiens un statut. Que ton agenda est dicté par le besoin de cachets, pas par ta vision. Que tu cours après des heures au lieu de courir après ton projet. Tu es dans une roue, et la roue tourne, mais elle n’avance pas vers ce que tu veux vraiment.
Presque tous les intermittents passent par ces trois étapes. La question, c’est ce qu’on fait à la troisième.
La contradiction que tu n’avoues jamais
Voici ce que peu d’intermittents osent se dire à voix haute. Tu as choisi la musique pour la liberté. Pour ne pas avoir de patron, pour vivre de ta passion, pour décider de ta vie.
Et pourtant, regarde honnêtement ton quotidien. Tu passes ta vie à attendre. Attendre le cachet. Attendre qu’on t’appelle pour une date. Attendre de recompléter tes heures. Attendre que Pôle Emploi valide ton dossier. Attendre la prochaine tournée, le prochain remplacement, le prochain projet de quelqu’un d’autre.
Tu as fui le salariat classique pour ne dépendre de personne, et tu te retrouves à dépendre d’une multitude de gens : ceux qui t’engagent, ceux qui te programment, ceux qui valident tes droits. La liberté que tu cherchais s’est transformée en une attente permanente. C’est la contradiction silencieuse de l’intermittence, et elle ronge plus d’artistes qu’on ne l’imagine.
Ta vraie peur n’est pas l’argent
On croit souvent que l’angoisse de l’intermittent, c’est l’argent. Le mois où les cachets ne tombent pas, l’année où les heures manquent. C’est réel, mais ce n’est pas le fond du problème.
Ta vraie peur, celle que tu ne formules jamais, c’est de rester un exécutant à vie. D’être, à 30, 40, 50 ans, encore et toujours celui qu’on appelle quand on a besoin de lui, et qu’on oublie le reste du temps. De dépendre d’un système et de gens qui décident à ta place : quand tu joues, combien tu touches, si ton dossier passe.
Ce n’est pas une peur d’argent, c’est une peur de position. La peur de ne jamais passer de l’autre côté. De rester l’employé du spectacle, alors qu’au fond, tu sais que tu pourrais en être l’un des décideurs.
Le statut d’intermittent est un abri, pas une maison
Comprends-moi bien : je ne suis pas en train de dire que l’intermittence est une mauvaise chose. C’est une protection précieuse, une spécificité française que beaucoup d’artistes étrangers nous envient. Pour traverser les débuts, pour sécuriser une période, c’est un excellent abri.
Mais un abri n’est pas une maison. Le statut d’intermittent repose sur des choses que tu ne contrôles pas : la reconstitution de tes heures, la bonne volonté des employeurs qui te déclarent, les décisions de l’assurance chômage. C’est par nature précaire. Tu peux y vivre un temps, mais tu ne peux pas y bâtir un développement de carrière sur le long terme, parce que rien dedans ne t’appartient vraiment.
La vérité que je répète à chaque artiste : le statut d’intermittent doit être un tremplin, pas une destination. Il sert à te donner de l’air pendant que tu construis quelque chose de pérenne à côté. Si tu en fais ta seule stratégie sur dix ans, tu auras passé une décennie à entretenir une situation, pas à construire un patrimoine.
Passer de celui qu’on engage à celui qui décide
Alors c’est quoi, l’alternative ? Ce n’est pas de travailler plus. Tu travailles déjà beaucoup. C’est de changer de position.
Passer de celui qu’on engage à celui qui décide. De l’interprète qu’on appelle pour une date au producteur qui possède le projet. De l’employé du spectacle au patron de sa propre activité musicale.
Concrètement, ça veut dire arrêter de ne capter qu’une partie de la valeur que tu crées. Quand tu es seulement interprète sur scène, tu touches un cachet, point. Mais ta musique, elle, génère bien plus : des droits voisins de producteur, des droits d’auteur si tu composes, des revenus de distribution, de synchro, de merchandising. Tant que tu restes exécutant, tout ça part dans la poche de ceux qui ont structuré le projet. Le jour où tu deviens producteur de ton propre projet, c’est toi qui possèdes les masters, toi qui décides, toi qui encaisses.
Ce n’est pas une question de devenir un requin du business. C’est une question de reprendre la main sur ce qui t’appartient déjà.
Trois artistes qui ont changé de structure, et de revenus
Je ne te parle pas de théorie. Voici trois artistes que j’ai accompagnés, trois bascules réelles.
Même niveau d’activité, structure différente. Le résultat n’est pas marginal, il change une carrière.
Le chanteur qui a triplé ses revenus. Il faisait ses dates, touchait ses cachets, entretenait son statut. En créant son propre label et en récupérant ce qui lui revenait en tant que producteur de ses titres, il a triplé ses revenus. Pas en jouant trois fois plus. En captant trois fois mieux la valeur qu’il créait déjà.
La bassiste qui a doublé les siens. Elle était intermittente, et elle composait aussi sans le valoriser. En cumulant son statut d’intermittente avec un statut d’artiste-auteur en BNC au réel, elle a structuré ses deux activités, l’interprétation et la création, et a doublé ses revenus. Deux casquettes qu’elle avait déjà, enfin déclarées et exploitées correctement.
Le groupe de jazz qui a fait fois dix. Eux jouaient, beaucoup, pour des cachets. En créant leur label et en s’ouvrant à des sources de revenus qu’ils ne connaissaient même pas, les droits voisins, l’endorsement et le merchandising, ils ont multiplié leurs revenus globaux par dix. Le talent était déjà là. Ce qui manquait, c’était la structure pour transformer ce talent en revenus multiples.
Le point commun de ces trois histoires ? Aucun d’eux n’a fait plus de dates. Ils ont changé de position dans la chaîne de valeur.
Le chaînon manquant : la structuration
Si c’est si évident, pourquoi tout le monde ne le fait pas ? Parce qu’entre l’intention et le résultat, il y a un mur : la structuration.
Devenir producteur de son projet, ça ne se résume pas à le décider. Il faut choisir le bon statut juridique, s’inscrire aux bons organismes de gestion (pour les droits d’auteur comme pour les droits voisins), déposer ses œuvres, sécuriser ses contrats, brancher une distribution, comprendre quelles aides et quels crédits d’impôt existent. C’est précisément là que 90 % des artistes abandonnent. Pas par manque d’envie, mais parce que c’est aride, technique, et que personne ne leur a montré le chemin.
C’est exactement ce que fait Muzisecur. Nous apportons la structuration qui sépare l’intention du résultat. Tu gardes 100 % de tes droits et de tes masters, et nous mettons en ordre tout ce qui te permet de passer du statut d’exécutant à celui de décideur : statut, adhésions, dépôts, contrats, distribution, collecte de tes droits. Tu décides, on s’occupe de la mécanique.
Parce que la différence entre l’artiste qui reste exécutant à vie et celui qui devient le patron de son projet, ce n’est presque jamais le talent. C’est la structure.
Tu ne quittes pas ton statut, tu t’en sers comme tremplin
La peur que j’entends le plus : « Si je crée mon activité de producteur, je vais perdre mon statut d’intermittent. » Et c’est là qu’il faut être précis, parce que c’est faux dans la plupart des cas.
L’intermittence et l’activité de producteur ne s’opposent pas, elles se cumulent. Tu continues de toucher tes cachets d’artiste-interprète et d’entretenir ton statut, pendant que tu construis, à côté, une structure qui t’appartient. Le statut devient ce qu’il aurait toujours dû être : un tremplin qui te donne de la stabilité pendant que tu bâtis ton indépendance, pas une prison qui dicte ton agenda.
L’enjeu, c’est de faire ce cumul proprement, pour sécuriser tes allocations tout en développant ton activité. Mal fait, ça crée des erreurs coûteuses. Bien structuré, c’est le meilleur des deux mondes : la protection du statut, plus la propriété de ton projet.
Par où commencer
Tu n’as pas besoin de tout révolutionner demain. Tu as besoin de commencer à décider. Quelques jalons concrets :
- Comprends ton statut à fond avant de le faire évoluer. On a un guide complet sur le statut d’intermittent du spectacle.
- Identifie ce que ta musique génère vraiment, au-delà du cachet. Notre simulateur de droits gratuit t’estime tes revenus par casquette en quelques secondes, et notre guide sur les droits voisins du producteur explique ce que tu laisses sur la table.
- Apprends à structurer ton projet : la formation pour devenir producteur et éditeur de ton projet est faite pour les intermittents, et finançable.
- Optimise ce que tu as déjà : nos pistes pour optimiser tes revenus d’intermittent.
Et si tu veux brûler les étapes, le plus efficace reste qu’on regarde ta situation ensemble.
Tu en as marre d’attendre ?
Réserve un appel découverte gratuit avec l’équipe Muzisecur. On regarde ton statut, ton activité, ce que ta musique génère vraiment, et on te montre, par A plus B, comment passer de celui qu’on engage à celui qui décide, sans renoncer à ta sécurité.
Réserver mon diagnostic gratuit →FAQ intermittent du spectacle et développement de carrière
L’intermittence empêche-t-elle de devenir producteur de sa musique ?
Non, au contraire. Le statut d’intermittent et l’activité de producteur ne s’excluent pas, ils se cumulent. Tu peux rester intermittent du spectacle pour tes cachets d’artiste-interprète et, en parallèle, créer ta structure de production (label) pour posséder tes masters, percevoir tes droits voisins et ouvrir de nouvelles sources de revenus. Beaucoup d’artistes que j’ai accompagnés ont gardé leur statut tout en construisant leur activité de producteur, et ont augmenté leurs revenus sans faire plus de dates.
Peut-on cumuler le statut d’intermittent avec celui d’artiste-auteur ?
Oui. Un intermittent qui écrit, compose ou réalise peut déclarer ses revenus d’auteur via le régime de l’artiste-auteur, distinct de l’intermittence. Une musicienne que j’ai accompagnée a doublé ses revenus en cumulant son statut d’intermittente avec un statut d’artiste-auteur en BNC au réel. Les deux régimes couvrent des activités différentes (interprétation d’un côté, création de l’autre) et peuvent coexister légalement. C’est exactement le genre d’arbitrage qu’il faut structurer correctement.
Le statut d’intermittent est-il vraiment précaire ?
Il est protecteur sur le court terme, mais structurellement fragile sur le long terme. Il dépend de la reconstitution de tes heures chaque année, des employeurs qui te déclarent, et des décisions de l’assurance chômage. C’est un excellent abri pour une période, mais on ne bâtit pas un développement de carrière pérenne uniquement dessus. L’idée n’est pas de le quitter, mais de s’en servir comme tremplin pour construire quelque chose qui t’appartient.
Comment gagner plus sans faire plus de dates ?
En changeant de structure, pas de volume. Concrètement : posséder tes masters au lieu de seulement les interpréter, percevoir tes droits voisins de producteur, déposer et collecter tes droits d’auteur, ouvrir des sources de revenus que beaucoup d’intermittents ignorent (droits voisins, synchro, endorsement, merchandising, subventions). Un même niveau d’activité, capté par une meilleure structure, rapporte significativement plus. Un groupe de jazz que j’ai accompagné a multiplié ses revenus globaux par dix de cette manière.
Devenir producteur, ça ne demande pas un gros budget ?
Moins que tu ne crois. Créer une structure de production est accessible, et l’enjeu n’est pas l’argent au départ mais la structuration : choisir le bon statut, s’inscrire aux bons organismes, déposer ses œuvres, sécuriser ses contrats, brancher la distribution. C’est précisément cette mise en ordre que Muzisecur prend en charge, pour que tu décides au lieu d’attendre.
Vais-je perdre mes allocations en créant mon label ?
Pas mécaniquement. Le cumul entre intermittence et activité de producteur est encadré et dépend de ta situation précise (revenus déclarés, type de structure, régime). C’est justement pour éviter les erreurs coûteuses qu’il faut le structurer avec quelqu’un qui connaît les deux mondes. L’objectif est de sécuriser ton statut tout en construisant ton activité, pas de sacrifier l’un pour l’autre.
Conclusion
L’intermittence n’est pas l’ennemi. C’est un abri précieux, et tu as eu raison de le décrocher. Mais un abri n’a jamais fait une carrière. Si tu passes dix ans à entretenir un statut sans rien construire qui t’appartienne, tu auras gagné de la sécurité et perdu quelque chose de plus important : la position.
La bonne nouvelle, c’est que la bascule n’exige pas de jouer plus, ni de renier ce que tu es. Elle exige de changer de structure : posséder, déposer, collecter, décider. Un chanteur a triplé ses revenus comme ça. Une bassiste les a doublés. Un groupe de jazz les a multipliés par dix. Aucun n’a fait une date de plus.
Le seul vrai chaînon manquant, c’est la structuration. Et c’est exactement ce qu’on fait. Si tu es prêt à arrêter d’attendre et à passer de celui qu’on engage à celui qui décide, réserve ton appel découverte gratuit. Trente minutes pour voir, concrètement, à quoi ressemblerait ta carrière si tu en devenais le patron.
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